Sublime orgueil
Le superbe, sens détourné de fierté et d’emblème fort de sa propre notoriété. Il renfloue notre égo de relents de confiance surplombante et de narcissisme enjoué. Le superbe décrit ici est celui drapé de son costume d’orgueil qui fait sensation équivoque chez les autres en jouant sur la majesté unilatérale de son éclat.
Poème :
Tripotée de cordes à mon arc qui font mouche sans écueils
Dans un potentiel dense qui incarne ma brillante exception,
Je me pavane en victime exécrable de mon sublime orgueil,
Quand je suscite pour mes talents, paradoxes et admiration.
Mes vanités brûlent sous les feux de ma rampe sans défauts
Et je débite des mots pompeux qui tournent mon arrogance en fléau,
Aucun verbe contraire ne vient affaiblir mon éloquence général,
Quand ils me savent être l’effigie pédante de leur univers banal.
Nulle modestie pour brader ma suprême différence
De cette horde de gueux qui végètent en défaillance,
En secret tous me portent au pinacle dans leur jaloux regard,
Et je me complais de ces éloges confidentielles à mon égard.
Le miroir de mon âme reflète un être humain gonflé d’égos
Où se mêlent des enjeux et ambitions eues en porte à faux,
S’imbrique dans ma chair le décret acté de mon statut de fanfaron,
Qui laisse dans le sillage, l’image singulière de mon énorme melon.
Il n’est guère plaisant de vivre sans distinction glorieuse
Qui détermine l’abstraction béante d’une existence fameuse,
Le commun des mortel ne fascine en rien ma rage de desseins,
Car c’est l’hubris de chacun qui façonne son superbe destin.