Comme je virevoltais sous des regards impassible, je me sentis assiégée par des craintes sans concession; l'ignoble mentore m'ayant désormais prise pour cible, je devins la contrefaçon d'une ballerine gracieuse sans raison.
Pas assez fines pour plaire à l'assemblée générale, des silhouettes normales sont huées en grosseur fatale; le culte de la minceur extrême trône dans les cervelles, ne plus manger est l'enjeu crucial de ces demoiselles.
Des lectures vives m'irradient de milles sensations, mais mon esprit n'y glane plus aucune inspiration; j'ai l'humeur entravée qui se raidit de désillusions, car ma poésie désuète s'éreinte de vaines notions.
Il y a ce livre que j’ai perdue dans ma débâcle précipitée loin de mon époux... Ce livre de Simone de Beauvoir qui a eu un impact florissant sur le déclic salutaire qui m’a permis de reconquérir ma dignité au monde de femme respectable. Lire « le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir durant ces quatre dernières années de mariage, m’avait permis de ne pas sombrer aveuglément dans les méandres adulés d’une vie oppressante de femme au foyer docile.
J’ai vu ma terre dans un remue intense craindre sa fatigue, et les crapules pourfendre les gestes sobres de nos aïeux; j’ai vu ma terre dans le chaos immonde où croupit son intrigue, quand sont altérées ses ressources qui disparaîtront sous peu.
Le tableau cynique d'une souffrance permanente, où s'écrit l'intrigue de mon existence chancelante; transparaît comme la sentence odieuse de mon statut d'orphelin, mais je reste fort et courageux malgré mon âpre quotidien.
Sinistres balbutiements à la soirée du réveillon, dans les tristes relents d’une page noircie sans bonheur; réflexions trouble-fêtes sur mes déboires à profusion, à quelques décomptes sacrés de la nouvelle heure.
Prendre du recul loin des foules en frénésie, qui glanent leurs vices à rédiger avant minuit; bouder l’euphorie ostentatoire des fins d’année, où se répètent les mêmes traditions de résolutions bâclées.
Sur le parvis dense de ma nouvelle année, des voeux se bousculent et rampent par milliers; mais je crains de ne pouvoir les matérialiser, car j'ai en obstacle un cœur déboussolé.