Pourquoi j’écris ?
Aux prémisses de cette nouvelle année 2025, je constate n’avoir pas assez écumé mes ressources culturelles et intellectuelles durant les mois écoulés, afin de produire davantage de rendus personnels sur notre monde et ses disgrâces.
Freinée en surface par des distractions, procrastination et moults syndromes de page blanche, je me suis laissée assiéger par d’autres écueils majeurs sous le poids desquels j’ai défavorablement plié. Et à travers ce néant entretenu durant une longue période sans engouement tenace de le briser, m’est venue cette question redondante sur les motifs phares pour lesquels j’aime user des mots. Entre autres, je cherchais à savoir: pourquoi j’écris ?
Questionnement profond et assertion
Après une longue introspection sur cette passion où figuraient des convictions vacillantes et doutes épars, j’ai pris le pas sur mes sentiments confus et saisi cette envie ardente de toujours créer des textes avec une obstination avide.
En trébuchant maintes fois sur de réelles embûches souvent liées à ma peur de renseigner à cœur ouvert des luttes férocement ancrées, ou exhiber des colères acérées contre mon propre environnement arriéré et les bourreaux de l’humanité, j’ai acquis la capacité de dire les problématiques qui fâchent. Et ainsi exposer ces points de vue qui rythment chacune de mes sensibilités politiques et surtout féministes.
J’ai enfin pu épingler au mieux mes motivations puis les raviver, tout en décelant les raisons qui me poussent à demeurer loyale à mes mots. Mais surtout, j’ai pu trouver cette source valable qui m’a toujours permis de chercher une catharsis dans l’écriture et de l’imprégner de mes plus vifs émois.
Féminisme dans la peau
C’est devenu une chose naturelle et quelque peu bénéfique que de donner une tribune légitime à mes émotions. Dans un carnet manuscrit, un blog dédié, ou un smartphone, il peut y avoir plusieurs endroits destinés à recevoir ce qui s’ébroue en moi et réclament un exutoire pressant. Celui-là où dégoulinent sans trêve des idées de rebelle effarouchée du patriarcat, ou mieux encore des témoignages d’une affranchie de la société à la masculinité virale.
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Mon journal intime par exemple, est sans aucun doute devenu un brûlot antipatriarcal très exploité qui soutient mes colères. Mais qui a le savoir-faire d’énoncer des faits qui désarçonnent à chaque lecture et surtout le mérite de décortiquer et pourfendre des discriminations féministes récurrentes. Sans toutefois exagérer la cruelle réalité sexiste ni l’attendrir non plus.
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Grâce à lui, j’ai toujours pu me libérer de ressentiments, de manœuvres horripilantes et sexistes de mon entourage et même à grande échelle, puis mener à plein régime une guérilla féministe.
J’ai toujours eu des choses à dire avec mes mots et je me sentais la mission de cavaler en croisade contre des discriminations insidieuses et publiques. Et tout s’était déployé via des actualités alarmantes mettant à contribution mes plus viscéraux engagements.
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Propension politique et amour des mondes noirs
Edifier les masses sur les vulnérabilités politiques, économiques, sécuritaires et sanitaires de l’Afrique, Amérique noire et des Caraïbes constituent l’autre axe majeur qui me précipitent dans les eaux de la rédaction.
La traite transtlantique suivie de la colonisation ont profondément désoeuvré les mondes noirs quant à ces maltraitances, expulsions de leurs terres et accaparement de leurs ressources. Parqués dans des négriers et ballottés vers d’autres contrées pour des peines forcées, ces expériences de dépaysement et aliénation au travail n’ont laissé qu’un lourd tribut aux afro descendants qui peinent à reprendre le contrôle effectif de leurs territoires.
Les indépendances atteintes ont rayonné brièvement et fallacieusement dans les pays décolonisés autant que les martyrs à l’origine de l’émancipation seraient déçus du manque de préservation de leur héritage par des élus lâches et corrompus.
Néanmoins, des pôles de résistance se dessinent dans les anciennes colonies françaises à l’Ouest de l’Afrique et il est urgent de livrer par des écrits actualisés et éclairés, chaque étape du déclin de cette néocolonisation qui perdra progressivement de sa vigueur pour ne plus totalement exister.
J’écris, donc je suis !
La locution latine Cogito Ergo sum, (Je pense, donc je suis !) de René Descartes a son reflet analogique dans la nature de ce qu’écrire représente pour moi à l’aune de ma liberté d’expression. Car « J’écris, donc je suis » se place évidemment comme dicton référent aux velléités militantes de mon subconscient que je porte en creux de mon écriture.
L’intérêt même de ma plume réside dans ces feux noirs de révolte qui m’embrasent et m’éperonnent à divulguer le monde versatile. Celui-là qui dans sa facette sombre regorgent de bourreaux faisant subir aux classes et minorités fragiles les expériences et tragédies les plus monstrueuses et injustes.
De ma propre vocation à devoir en être toutes la témoin solidaire, je prends l’initiative de raconter les sociétés diverses et de participer aux dénonciations de ses dérives totalitaires, en optant pour une exploration singulière des drames quotidiens le plus souvent déclinés à travers mes poèmes engagés.
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Pour moi, écrire c’est être au monde. C’est relever le défi de s’engager à sortir des cloisons de la peur, du confort, de l’indifférence et s’épancher sur notre géographie et celles des autres. Pour ainsi parvenir à restituer par des opinions ciselées, des dégâts importants touchant tous les coins du globe en faisant acte de foi en l’humanité par une plume rageuse.
Poème : Plume rageuse
J’écris des phrases conscientes pour militer contre l’essor d’un monde violent,
Chacun de mes mots est strident et reflète l’émoi d’une fille à cran
Amas de textes zélés, j’ai l’Afrique en figure de proue de mes pages noircies
J’écris son passé fétide et son présent à bout de bras d’avanies.
Des élus vassaux de l’Occident qui les module en gouvernants fantoches,
Des promesses fourbes de ces alliés pour satisfaire leurs pillages sans reproches;
Dictateurs au sang déchu qui piétinent les horizons de leurs peuples
Junte de militaires intègres qui jurent de défaire l’ennemi qui les meublent.
Aux génocides meurtriers des petits pays d’Afrique de l’Est
Je tends à décrier la force »Turquoise » qui a retourné sa veste
Le bilan est triste et amère mais les mémoires survivantes
Le futur se raffermit dans une gloire nouvelle qui les déchante.
J’écris le courage constant de femmes voilées qui brisent les interdits
D’Afghanistan en Iran, elles défient les injonctions par des actes hardis;
Leurs libertés s’étiolent sous le joug de rigoristes érigés en guides
Théocratie aux milles censures qui prônent des lois liberticides.
Pour l’égalité des sexes qui demeure un combat de noble envergure,
Pour le salut des femmes oppressées qui ripostent sans commune mesure;
Pour mon continent intrépide qui désavoue ses colons damnés,
Je presse ma plume rageuse et revêt une poésie (écriture) révoltée.
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