Artequin : le nouveau médicament prisé des camerounais

Article : Artequin : le nouveau médicament prisé des camerounais
23 mai 2020

Artequin : le nouveau médicament prisé des camerounais

Dans la famille virus, je ne veux surtout pas… le covid-19 !

La pandémie du Covid-19 qui sévit depuis quelques mois n’a pas fini de créer des psychoses et d’effaroucher les âmes fragiles et mêmes tenaces. Tout le monde est bien au courant de ce virus planétaire, même le dictionnaire de mon clavier sur Android l’a déjà intégré, haha c’est bien embêtant.

Une grande panique

Entre des informations anxiogènes, un confinement qui n’en finissait plus et des mesures de prévention plus que complexes à respecter, pour la plupart des gens trop mal à l’aise ou alors juste inconscients de ce qui se passe, on ne sait plus franchement ou donner de la tête.

Quoique si en fait, on pourrait juste se mettre la tête sous notre oreiller, bien loin des médias, à ne pas écouter moult informations sur la possibilité peu rapide de trouver un vaccin ou alors sur des traitements pas si sûrs pour vaincre notre cher virus.

On devrait peut être l’adopter finalement ce virus; genre un nouvel animal de compagnie qu’on aurait peine à dresser et à apprendre à ne pas dépasser certaines limites, dans le strict respect d’un accord convivial où bien sûr il n’aurait pas besoin de notre feu vert pour un éventuel assaut de temps à autre juste pour respecter dans cette relation le ratio plaisir/douleur qui serait du coup nettement mieux équilibré dans un club BDSM!

Fin bref trêve de fantasmes… Revenons sur ces traitements.

La chloroquine et fils

On a eu droit depuis mars ou alors avril peut être (le confinement m’a rendu un peu sénile) à des découvertes de substances qui pourraient lutter contre le fameux virus. I

Il s’agit bien évidemment de la chloroquine et de son dérivé l’hydroxychloroquine. Mise en avant en mi-mars 2020 par le Pr Didier Raoult, qui a démontré plus tôt l’efficacité de ces molécules dans le traitement des malades atteints du covid-19 au stade de l’hospitalisation où on observait une détresse respiratoire.

Leur utilisation en mono ou bitherapie avec l’azithromycine, aurait fait apparaître une diminution de la charge virale et du besoin de ventilation assistée ou oxygénothérapie chez des patients testés au mois de mars.

Au fil des semaines il y’a eu cependant des controverses dans l’utilisation de celles ci avec les sceptiques, et ceux qui prônait le manque de tests poussés pour affirmer la véracité de ce traitement et surtout le rapport bénéfices risques assez mal représenté.

Le médiator se sent moins seul sur cet aspect de l’utilisation !

Course contre la mort

Par contre cela n’a pas empêché de voir se ruer en masse la population mondiale vers les pharmacies où la demande en chloroquine et plaquenil avait dès lors augmentée.

Au Cameroun plus précisément, on a vu s’accroître les achats de ces deux molécules qui pour le coup étaient des contrefaçons parce que le Cameroun ne possédant pas de matières premières pour en fabriquer réellement et en masse.

Plusieurs officines de la ville de Yaoundé ont dû fermer leurs portes pendant un délai de plusieurs jours voire mois pour vente illicite de chloroquine/ plaquenil dont la traçabilité etait on ne peut plus douteuse. Gros choc pour le lobbying pharmaceutique.

Après donc cette rupture précoce de stock de chloroquine et surtout un manque de source sûre de provenance, une nouvelle molécule de la même famille chimique que la chloroquine a surgit de l’esprit très ouvert des populations camerounaises très effrayées de contracter le virus et soucieux de de prémunir assez rapidement du covid-19 : la mefloquine.

La mefloquine

Pourquoi la mefloquine ?

Sa structure de base s’apparente réellement à celle de la chloroquine et est utilisée dans le traitement préventif et curatif du paludisme. Elle appartient à la famille des dérivés quinoléiques au même titre que la chloroquine, la quinine ou l’halofantrine.

On la retrouve sur le nom commercial de Lariam qui est assez onéreux comme produit, mais on la retrouve également dans un autre médicament appelé Artequin plutôt accessible pour la population.

La population camerounaise détournée de la chloroquine par son interdiction de vente a donc pris pour cible le nouveau médicament de leur salut : Artequin.

La molécule du salut?

Les demandes explosent en officine, je ne compte plus le nombre de patients que je reçois scandant dans leur bouche apeurée :  »vous n’aurez pas de l’artequin? » Moyen de prévention dans leur tête et de guérison en cas d’infection probable.

On aurait cru à une épidémie de paludisme mais non c’est bien le covid-19 qui crée ces changements d’avis et de substances pour se mettre à l’abri de la faux de la mort.

C’est bien inutile car la chloroquine et l’hydroxychloroquine ont, il y’a quelques heures, été avec cette fois si de solides preuves scientifiques, jugées inefficaces et même entraîneraient des décès et des aryhtmies cardiaques selon une publication dans la revue scientifique  »The lancet ».

Une certitude d’inefficacité

L’artequin serait donc quant à lui on l’aura déduit, totalement inactif sur ce virus.
D’autant plus que la mefloquine n’a montré aucune activité anti-virale in vitro contre une quelconque souche virale au préalable.

Quel sera le prochain médicament sorti de l’ombre et prétendu héros du covid-19 ? On reste connectés!

En attendant une seule chose à dire à mes compatriotes camerounais: stop l’achat d’artequin, sauf pour le paludisme bien sûr !

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