Celle qui n’était pas à moi

Article : Celle qui n’était pas à moi
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21 avril 2021

Celle qui n’était pas à moi

Et sa peau mate qui jouit d’une clarté sans jamais pâlir,
Et son corps basané qui luit dans la pénombre de mes souvenirs.
Est-il possible de jeter autant l’opprobre sur mon âme ?
Qui d’elle essaie sans relâche, de s’arracher, de se détacher.
Est-il utile sous des pensées immuables, de m’ensevelir ?
Qui d’elle recherchent, son visage, sa peau, ses gestes, son sourire..

Celle qui n’était pas à moi, ne le sera jamais.

J’ai eu l’âme entaillée sans n’avoir jamais rien effleuré,
ni un soupçon de tendresse, ni une lueur de cet amour écorné.
J’ai eu le souffle coupé sans n’avoir jamais eu à respirer,
Ni l’odeur suave de sa chevelure d’ébène qui reflète l’Afrique cher à son cœur,
Ni la senteur moite de son intimité qui m’appelle dans ma torpeur.
Je l’ai aimée avec aplomb, avec tant de passion,
Je l’ai aimée à en rire de moi, à me tourner en dérision.
Pour elle, museler mon égo, perdre ma dignité, perdre mon humanité dissipée dans la brume.
À cause d’elle, flageller mon âme, cristalliser mes peines, éviter de sombrer dans l’amertume.
Cruauté du sort que d’être frappé d’un amour inconnu, méconnu, éconduit,
Abnégation de soi, que de nourrir pour une unique personne un sentiment de pureté, enduit.

Celle qui n’était pas à moi, ne le sera jamais.

Affronter mes terreurs nocturnes où elle disparaît, furtive, sans laisser de trace,
Où sa main se dérobe de la mienne, où sa présence de ma mémoire, s’efface.
Je suis comme ces artistes dont la sublime création dépeint la noirceur de leurs émotions,
Chacun de mes gestes, mes attitudes, mes inventions, reflètent ma blessure, mon impériale affliction.
Adieu illusion désespérée, qui s’évanouit dans les cendres de l’inexistant,
Adieu amour d’un moment, troublant envoûtant, un chouia reconfortant, à jamais balayé dans le vent.

Celle qui n’était pas à moi, ne le sera jamais.

Maintenant je pleure devant ces jours passés l’admirant à foison,
M’esquintant désormais chaque veine du corps où coule son poison.
Sorcière, enchanteresse, semi-negresse, de sa beauté j’ai été ensorcelée,
Se rend elle compte de l’épave qu’elle a fabriqué ?
Trop tard pour me reconstruire, brisée pour toujours je suis,
L’amour et ses tentacules de déception, vil hypocrite de tentation, pour toujours c’en est fini.

Celle qui n'était pas à moi, ne le sera jamais.

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