Appel à création sonore revue »Poésie Schlag »
Il y’a deux mois, j’ai participé à un appel à textes de création sonore pour une revue littéraire sur Instagram aux activités radiophoniques.
Intéressée par les capsules audibles, je me suis ruée à décrypter le texte de référence et à en éclore mon interprétation. De celle-ci est né un texte que j’ai mis sous forme audio m’ayant servi de participation. Ce qui m’a valu au bout du compte une attention particulière des organisateurs mur cet écrit sans pour autant faire partie des vocaux retenus. Néanmoins, je partage ici ce texte chaleureux que j’ai pris plaisir à extraire du corpus proposé aux candidats.
Corpus de compétition
Le pan de récit sur lequel les candidats devaient plancher a été fractionné du roman de Juliette Langevin dans Filles méchantes. Il était question d’en faire une reformulation personnelle sur ce que ces fragments évoquaient en nous et sur la façon dont nous concevions ses propos.


Mon texte de réappropriation pour le concours
C’est une femme dépossédée de sa volonté, se tenant faiblement sous l’emprise de son monde et des choses. Elle reste immobile, prostrée face à ce qui ébranle son âme. C’est un bal qui se répète dans sa vie que de laisser le temps prendre le relai dans cette tristesse qu’elle travestit en drôlerie. Parce que drôle c’est plus simple et plus aisé que d’affronter la mélancolie des instants présents.
Petite déjà, dormir dans des positions étranges qui reflétaient la retenue de ses émois, ne lui a permis qu’une croissance de travers, perdue au milieu d’adultes admiratifs d’une enfant juchée sur une imagination rebelle et des instincts explosifs.
Manque de tact, fureur dans l’impulsion, écriture minée par des pensées qui divaguent sous ses féroces pulsions. Elle ne possède aucune pédagogie de l’esprit. Rien qui ne vienne entraver son humeur souveraine. La poésie est son univers. Elle ne lâche rien. Mais parfois, les mots du poème cherchent à s’échapper hors des tranchées quand elle ne les retient pas suffisamment.
L’amour joue d’habilité dans cet exil, car elle aime encore à aguicher le premier venu, poète ou ex copain, elle ne sélectionne pas qui pourrait lui plaire davantage que l’autre. L’envie d’aventures pressantes la pousse par mégarde à se faire prisonnière d’approbations précipitées, lâchées sans conviction et qui la remplissent d’une immense stupidité.
C’est une femme allongée, la tristesse à son chevet et les larmes coincés en creux de son sentiment morne. Elle navigue en eaux confuses d’amertume et ressent la migraine acérée de ses souvenirs d’enfance, l’empêchant de roupiller paisiblement plus longtemps.