Poésie dans l’âme
Mon amour pour la poésie n’a plus aucun secret ni lisière; elle s’étend dans le vaste champ scintillant de mes passions les plus audibles et résonnantes.
Arrivée à elle par l’incontournable Arthur Rimbaud au comble d’une saison en enfer, j’ai navigué ensuite dans les flots assaillis par les plus grands auteurs issus de courants romantique, symbolique, esthétique, classique et surréaliste.
Intimes références d’illustres poètes
De Dylan Thomas à Charles Baudelaire, de Walt Whitman à Percy Shelley, d’Allen Ginsberg à Pablo Neruda, d’Emily Dickinson à Henry David Thoreau en passant par Alfred de Musset, Victor Hugo et Alphonse de Lamartine; je traverse les continents au travers de ces poésies vibrantes de douceur, violence, engagement et d’amours dépités.
Je bourlingue entre des écrits issus de nations d’auteur.e.s qui ne reculent pas devant leurs sentiments qu’ils déclinent en vers saisissant de lyrisme, de colère ou de révolte impitoyable.
J’entrelace les émotions et nuances de ces poètes qui veulent raconter le monde dans des façons expressives et avant-gardistes; des manières délicates et uniques qui présagent à chaque fois une ode pluraliste grâce à leur œil ascétique et leurs plumes hétéroclites. Regarder le monde à travers leurs yeux devient l’abstraction d’un moment privilégié, où la demeure de nos perceptions prend un tournant fantaisiste aux socles pourtant bien réels.
Métriques, mots et rimes proprement façonnés se distinguent seuls et s’inventent dans l’esprit parfois didactique, parfois impulsif de leurs créateurs illuminés. Je cherchais cette flamme qui brûle et permet de révéler notre intérieur sensible, heurté, épris, ébranlé; et j’ai trouvé la poésie. Cet amas d’émois qui transfigure le réel; le disloque, le plie à nos pulsions fortes et indicibles.
Comme je rêvassais sans le moindre intérêt utile
Je me sentis livrée à un ennui fort probant;
Des mots denses rencontrés dans un texte habile
Vinrent briser la torpeur de mon sentiment.
J’étais ignorante de tous ces délicieux hommages
Porteurs de vers charmants comme de mobiles ténébreux
Quand enfin je découvris ces grands poètes en qui se dégage
La poésie qui m’immergea de plein fouet dans un horizon merveilleux.
Dans les battements joyeux de mon cœur assurément ébahi
Une envie sonore de me rendre ivre de proses et sonnets
Finie la lassitude loin des lyres qui aguichent avec une force inouïe
Vinrent les pauses fécondes de lecture assidues à souhait.
La plume de Rimbaud a célébré mes éveils poétiques
Plus exaltée, j’ai partagé chacun de ses âpres tourments
Qu’il ressent en contusions d’un amour parfois à sens unique
J’ai pleuré la rupture d’un lien trouble à son bel amant.
Et dès lors, je me suis baignée dans les flots des poèmes
Comme une plongée vivante dans les coulisses d’esprits rebelles
De leur existence tendre à des envolées de querelles
J’ai vécu par procuration une odyssée de maux et dilemmes.
Je sais les thèmes ruisselant de chagrin, colère ou désarroi
Qu’une muse inspire à son auteur pris à parti par ses émois
Je sais comment un cœur bouleversé peut écrire en finesse
Des rimes déclassées qui rythment ses odes de basse tristesse.
La poésie est une déesse qui avec volupté nous ouvre ses bras
Je l’ai embrassée religieusement comme une païenne repentie;
À force de côtoyer ses fidèles éminents aux talents avertis,
J’ai appris à me fendre dans la foule de ses meilleurs éclats.