25 juin 2020

La bisexualité

Je n’ai jamais vraiment été à l’aise avec le fait de cataloguer les gens, de les mettre dans des cases ou de leur attribuer une étiquette par rapport à leur genre, leur manière d’être ou leur orientation. Néanmoins, j’avoue que c’est parfois utile et nécessaire d’arriver à se définir, par rapport aux autres et surtout à soi.

Aujourd’hui je vais aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur (va savoir pourquoi), et qui me fait avoir les poils hérissés quant à certaines idées reçues : la bisexualité. Alors avant tout, si vous êtes adeptes du concept exclusif de la relation homme/femme, ou encore mieux, êtes un homophobe certifié, je vous invite quand même à poursuivre la lecture. Vous en apprendrez davantage sur cette orientation assez mal représentée.

C’est quoi être bisexuel(le)?

La bisexualité est une orientation sexuelle dans laquelle on est attiré par des hommes et des femmes. Attention, j’entends par là tout simplement aimer les deux sexes, pas au même moment bien sûr; quoique on reste partagé sur certaines pratiques. Ici, il n’y a pas de 50/50 d’emblée, on peut être plus attiré par des hommes et peut être plus par des femmes. Ça peut se situer en 60/40, 30/70 ou aussi du 50/50.

Ipso facto, il n’y a systématiquement pas une colonne équilibrée, ce qui d’après moi paraît assez évident et rationnel vu que le sentiment amoureux ne se commande pas, il dépend de la personne avec qui on est. La plupart des personnes bisexuelles ne le sont pas par choix. Oui on ne choisit pas son orientation. On ne se lève pas un matin et on se dit:  » bah tiens, et si je devenais bisexuel ? ». C’est plus un sentiment qui se développe et qui se concrétise avec nos expériences et surtout notre perception des relations amoureuses. C’est quelque chose de spontané et de naturel et je ne pense pas qu’on puisse naviguer à contre courant pour essayer d’étouffer ce que l’on ressent.

Le terme bisexuel est très mal reconnu, tant dans notre société conservatrice qui valorise des schémas conventionnels que dans la communauté LGBT+. Pour ainsi dire, la bisexualité n’existerait pas réellement.

Les idées reçues sur la bisexualité

La bisexualité est une phase

Non, Camille votre adolescente de 15 ans, n’est pas en train de tester vos limites si vous la découvrez embrasser Sarah, sa meilleure amie. Si vous lui posez la question et qu’elle répond être attirée par les deux genres, non, ce n’est pas un canular et non,  »ça ne va pas lui passer après la puberté ». Ou peut être que si, mais ce n’est pas à vous d’en juger ou de lui mettre une pression pour lui faire intégrer cet état des choses. Laissez la vivre ses propres expériences et en tirer ses propres conclusions.

La bisexualité est un état d’indécision

C’est bien le cliché le plus redondant sur les personnes bisexuelles. Mais non, elles ne sont pas dans l’impasse et elles ne sont pas perdues dans leurs émotions. On découvre juste que l’attirance pour une personne ne se limite pas au sexe opposé et qu’il y a une possibilité de s’éprendre des personnes du même sexe.

L’amour ne dépend pas stricto sensus du sexe, mais souvent de la personnalité. Il y a toute une diversité dans le choix de nos amours et cela peut révéler une attirance impromptue. Oui on tombe amoureux d’une personne et non d’un sexe, ce qui justifie clairement l’orientation bisexuelle. Mais cela va s’en dire qu’on peut tout aussi bien voir les choses de manière mécanique, sans pour autant faire l’apologie de la personnalité. Oui le physique peut tout aussi bien être plus une source d’attirance pour les bisexuels.

Les personnes bisexuelles finiront de toute façon avec le sexe opposé au leur

Cette idée rejoint un petit peu les précédentes. La plupart des gens pensent que les personnes bisexuelles sont dans un entre deux où elles se cherchent et essaient de combler certaines distorsions de leur vies amoureuses et, qu’en fin de compte, elles reviendront vers la  »raison ».
Non, Magalie ta nièce que tu as vu tantôt avec des garçons ne finira pas forcément mariée à l’un d’eux quand elle aura trente-deux ans. Elle aura peut être un appartement avec Cynthia, qui était invité à chaque repas de Noël ces 5 dernières années.

La bisexualité est une mode

Non, tu ne seras pas considéré comme bisexuel après avoir embrassé Mathieu de la classe B, sur un gage de vérité ou conséquence lors d’une soirée. Non, tu ne seras pas bi même si tu as eu deux ou trois plans d’un soir ponctuels avec des personnes du même sexe. C’est une question de ressenti profond et émotionnel, et une vérité absolue dans l’âme. Paul ne fait pas semblant d’aimer subitement Gérard, son ancien colloc gay, juste pour passer pour quelqu’un d’ouvert et de respectueux envers les personnes LGBT+ !

La bisexualité est une conséquence de l’environnement

Non, Fatima, ta fille partie étudier à Montréal, ne s’est pas fait corrompre l’esprit par des occidentaux aux moeurs débridés. Tu découvres juste tardivement qu’elle aime également les filles, parce qu’elle était incapable de te l’avouer étant en Afrique compte tenu de la stigmatisation assez importante. Être éloignée lui a juste permis de mieux l’assumer, face à un nouveau contexte social, où les choses sont un peu moins envenimées et où la tolérance se fait un peu plus ressentir.

Une vision subjective

Je pourrais continuer longtemps à énumérer des idées que peuvent avoir les gens sur la bisexualité. Mais il est assez évident que c’est une orientation sexuelle à part entière et qu’elle n’est en rien un état passager dans une vie.

Au fond, qu’est ce que ça peut faire à certains, nos attirances? Pour eux, s’y intéresser c’est toujours un moyen d’essayer d’éradiquer tout ce qui va à l’encontre de ce qu’il trouve  »normal » ! Mais qu’est ce que la normalité ? Qui la définit ? Et quels sont ses attributs ? Ça, chacun aura toujours une réponse bien à soi. Soyez qui vous êtes et n’ayez pas peur de votre identité !

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