27 ans et la relativité de l’âge

Article : 27 ans et la relativité de l’âge
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24 mars 2021

27 ans et la relativité de l’âge

J’ai toujours eu tellement peur de vieillir, les gens disaient avec ta bouille d’ado, l’âge adulte tu le sentiras pas te cueillir.
J’ai toujours eu tellement peur de m’assagir, bloquée dans l’espace temps d’une ado qui veut tout fuir.
J’ai toujours eu peur d’atteindre un jour la trentaine, d’être trop pile dans la vraie vie chiante d’adulte,
J’ai toujours eu peur des responsabilités qui s’enchaînent, d’être trop proche du taf, des collègues, des conversations mesurées et beaucoup trop cultes.

J’ai toujours eu l’incapacité de m’assumer pleinement, tellement mauvaise à prendre soin de moi, à m’affirmer publiquement.
Adolescence discrète qui a passé sur des années affligées,
Adolescence compliquée, qui a engendré une immaturité qui a persisté.
Je n’arrive pas à prendre des décisions pour mon bien être,
J’attends de voir les autres faire, j’voudrais parfois m’enfuir, disparaitre.
Me faire toute petite, rester coincée dans ma bulle, et repousser les moments où je dois payer mes factures.
Remettre à plus tard les instants où je dois m’habiller et aller taffer, mais chérir l’impression d’être suprême devant ces patients épouvantés.

Je savais que je n’aurais pas 15 ans toute ma vie, mais dans ma tête je suis sous l’emprise de cet âge déjà partie.
Je savais que quand je serai grande j’aurai une vie sociale différente,
mais chez moi j’écoute toujours en boucle les mêmes chansons badantes.
Bonjour les nouvelles injonctions pétées de mon entourage, les affreux : aie des enfants, aie un époux, fais un mariage !
Ils auront bien réussi à me faire me perdre en interrogations fragilisantes sur ce que doit être ma norme,
Me placer du bon côté de la foule et rejeter en bloc toute pensée difforme.
Toujours à vouloir m’identifier à la société et nier mon identité de femme noire et queer,
Oublier ma place des minorités opprimées, être méprisant d’eux et en rire.

Je leur répond jamais, je plonge la tête dans mes BD,
J’essaie d’avancer, de me forger une nouvelle existence adaptée, la route est longue et je voudrais surtout pas me paumer. Mais c’est si dur de vouloir changer, quand avec les années on est devenu tellement blasée.

Le monde d’adulte commencent là où les passions puériles d’adolescence meurent,
Je trouverai jamais ma place dans ce monde-là, parce que mes passions elles, demeurent.
Je continuerai mes hobbies jusqu’à ce qu’ils comprennent que c’est comme ça que j’vis le mieux,
Je sortirai jamais de cette vie jusqu’à ce qu’il acceptent que c’est comme ça qu’être heureuse, je veux.
Marre de voir certains répéter les mêmes schémas, se conformer, se ressembler,
Assez de toujours les voir s’apprécier en groupe, et se plaire en troupe.
L’âge n’est finalement qu’un chiffre, la façon de vivre une manière de se rendre de bonheur, ivre.

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